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LES GRANDS-VENTS (ALGER)
SOURCE: Le Soir d'Algérie   
10-03-2008
Les secrets du parc Dounya

 

Le parc Dounya, poumon vert d’Alger, a-t-il été détourné de son objectif initial ? Le bétonnage prendra-t-il le dessus sur la verdure? Tout porte à le croire, en considérant les péripéties qu’a connues ce parc. En dix ans, sa superficie a été pratiquement doublée et est passée d’une maquette à une autre. Son étendue varie entre 630 et 660 ha. Visite guidée dans le parc Dounya.
Meriem Ouyahia – Alger (Le Soir) - Hadj Abderrahmane , Bellaouaen et bien d’autres sont les propriétaires terriens de la superficie du parc Dounya depuis 1927 ou bien encore 1935. En 1987, ils ont été expropriés pour la construction de la rocade sud tronçon Ben Aknoun-Zéralda. Un projet d’utilité publique évident. Quelques années plus tard, soit en 1999, le gouvernorat du Grand-Alger implante des pancartes «parc de loisirs projet d’aménagement de parking de voitures» aux abords de l’autoroute sur des parcelles de terre privées. Les travaux de terrassement débutent dès le 20 mai 1999. Moins d’un mois plus tard, soit le 7 juin de la même année, un arrêté portant ouverture d’une enquête préliminaire aux fins de déclaration d’expropriation pour utilité publique «Projet réalisation d’un parc de loisirs de Dely Ibrahim au lieu dit Grands-vents » est publié sur le quotidien El Moudjahid. La commission d’enquête est installée le 20 juin au niveau de l’APC de Dely Ibrahim. Néanmoins, l’arrêté, dont le Soir d’Algérie détient une copie, ne comporte ni la date de son établissement ni celle de l’ouverture et de la clôture de l’enquête confiée aux commissaires enquêteurs désignés. Les conclusions de cette commission d’enquête n’ont pas été portées à la connaissance de l’opinion publique. Plusieurs correspondances des expropriés ont été adressées aux autorités. L’une d’elle a été envoyée au ministre gouverneur du gouvernorat du Grand-Alger, Chérif Rahmani. Les héritiers y expliquent que la procédure d’expropriation de la loi n°91/11 du 27 avril 1991 et le décret n°93/186 du 27 juillet 1993 n’ont pas été respectés. Le 19 février 2006, deux conventions sont signées au siège du ministère de l’Environnement et de l’Aménagement du territoire. La première entre le département de Chérif Rahmani et l'Etablissement des espaces verts d’Alger (Edeval) et la seconde entre l’Edeval et l’entreprise italienne, Les pépinières Michellini. Ces deux contrats portent sur l’aménagement du parc des Grands-Vents et la plantation de 20 000 arbres et arbustes de diverses espèces sur une surface globale de 100 ha. A titre de rappel, le département de Rahmani a bénéficié d’un don italien de 5,9 millions d’euros. Celui-ci devait être réservé en partie à la réalisation d’un jardin à l’italienne, la plantation de 750 palmiers adultes washingtoniens, de 1 122 arbres adultes ainsi que de 18 600 plants de diverses espèces méditerranéennes livrés par la partie italienne, en l’occurrence l’entreprise Les pépinières Michellini. Moins d’une année et demie plus tard, la société d’investissement Emirates International Investment Company (EIIC) entre en scène par la grande porte. Le Conseil national de l’investissement, le 15 juillet 2007, lors de sa 33e session, a donné son accord pour le projet de protocole d'accord concernant le développement du site Parc des Grands-Vents à Alger par cette société appartenant à la famille royale émiratie. Fait jusque-là inconnu, le site devrait abriter, en sus des espaces verts, une partie privative où seront érigées un ensemble de structures sans aucune relation «apparente» avec l’utilité publique. Parmi ces structures, palaces, tours de commerce, villas luxueuses et terrain de golf de 18 trous. Les expropriés, au nombre de 600, relèvent que l’implantation de ce projet se situe à moins de deux kilomètres du Parc zoologique de Ben Aknoun, à moins de cinq kilomètres de Bouchaoui et dans le prolongement presque, ou de ce qui en reste, de la forêt Bois-des-Cars. A ce titre, ils s’interrogent sur la portée réelle d’un tel projet. «Je n’accepte pas qu’on m’enlève mon terrain pour un golf de 18 trous alors qu’on nous a interdit tout permis de construire depuis des décennies. Nous avons été coopératifs lorsqu’il était question de la rocade sud construite dans les années 80. Cela est un vrai projet d’utilité publique», a déclaré veuve Hadj Abderhamane, lors du sit-in des expropriés tenu mardi dernier sur leurs terrains.
Un parc aux superficies variables
La parc Dounya est régi par le décret exécutif n°06- 235 du 8 joumada ethania 1427 correspondant au 4 juillet 2006 portant déclaration d’utilité publique, l’opération relative à l’aménagement du parc des Grands-Vents. Selon ce décret, la superficie globale des biens immobiliers et/ou droits réels immobiliers servant d’emprise à la réalisation de l’opération est de 630 ha située sur le territoire de la wilaya d’Alger et répartie entre les communes de Dely Ibrahim (210 ha), Ouled Fayet (143ha) et El Achour (277 ha). Or, dans la brochure de présentation de ce parc faite par l’EIIC, il n’est plus question d’une superficie de 630 ha mais de 660. Ce chiffre est revu une seconde fois à la hausse sur le site internet de EIIC pour atteindre les 670 ha. Le décret de juillet de 2006 stipule que les travaux à engager sont un parc naturel, un complexe métropolitain et une route express. La consistance du complexe métropolitain n’est pas mentionnée. Selon l’EIIC, sur son site internet, on apprend que «les espaces de loisirs ne manqueront pas avec un golf de 18 trous, un centre équestre, un circuit sportif ainsi que de nombreux sentiers de promenade à pied ou à vélo». Il est également question de la construction d’un ensemble d’unités résidentielles dans la partie nord du parc sous la forme de deux villages à l’architecture méditerranéenne. Ces unités seront de densité moyenne, composées de bâtiments de deux ou trois étages. Elles seront desservies par un réseau de rues et de chemins. Des immeubles résidentiels sur douze ou dixhuit étages seront bâtis, entourés de paysages et de terrains. Aux alentours, seront édifiées des villas d’un ou deux étages, entourées de jardins privatifs avec vue directe sur le terrain de golf. Des appartements de luxe, un hôtel de cinq, un complexe intégré de commerces et de loisirs seront aussi développés sur la partie est, incluant des galeries commerciales, de grands magasins, des restaurants et des lieux de loisirs tels qu’un multiplex de cinéma et un espace de jeux pour enfants. Une école internationale sera construite en vue de répondre aux besoins éducatifs des familles qui vivront dans le Parc Dounya et sur ses zones environnantes. Le projet de l’EIIC prévoit le développement d’un nouveau centre de soins hospitaliers dans la partie nord du parc. Un complexe de bureaux pour médecins spécialistes et d’autres installations de soutien reflèteront la qualité et le caractère original de ce nouveau développement. Des espaces auxquels l’Algérien lambda n’y accèdera pas. «Pour nous, il ne s’agit ni plus ni moins que d’un second Club-des- Pins. Et point d’un projet d’utilité publique», conclut Redouane Hadj Abderrahmane.


M. O.

 
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FLASH SPECIAL EXPRESS
Le promoteur immobilier condamné à 5 ans de prison

Le promoteur Belkadi a été condamné à cinq ans de prison ferme. Il est astreint, en outre, par décision de justice à rembourser aux plaignants l’intégralité des sommes qu’ils ont avancées dans le cadre de la vente sur plan et à leur verser individuellement 200 000 dinars de dommages et intérêts. Un mandat d’arrêt a été ordonné à l’encontre du principal accusé qui n’a pas assisté à l’audience pour entendre le verdict.

Il était poursuivi pour escroquerie et abus de confiance. Finalement, il a été innocenté du deuxième chef d’inculpation. Pour rappel, 464 familles ont souscrit à la promotion immobilière El-Bordj qui leur proposait des logements à Ouled-Fayet aux prix subventionnés par l’État. Il s’est avéré, au bout de quelques mois, alors que les immeubles prenaient forme que de nombreuses anomalies et entorses à la réglementation émaillaient l’entreprise, dont absence de permis de  construire, litige sur le terrain et implantation des tours dans une zone non urbanisable.
Le 2 novembre 2006, après l’aboutissement d’une procédure en justice enclenchée par les services de l’urbanisme et de l’APC, les logements finis à 60% ont été détruits à coups de bulldozers, dans une ambiance électrique induite par la colère des familles ayant investi dans le projet. Les quelque 200 souscripteurs, qui ont déposé une plainte contre le promoteur immobilier pour escroquerie et abus de confiance, ont accueilli, hier, le verdict du tribunal de Bir-Mourad-Raïs avec soulagement et espoir de récupérer effectivement l’argent qu’ils ont mis dans l’acquisition d’un logement. C’est-à-dire, entre 700 000 et 1 million de dinars.

Souhila Hammadi

Journal: LIBERTE 

 
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