Messieurs,
Je ne sais à qui m'adresser pour lancer cet appel de détresse que je forme ici et que vous lance comme une bouteille à la mer. Peu-être serez-vous cet être salvateur qui fera entendre un cri de détresse d'une famille entière qui n'a plus ce repère essentiel, celui de sa maison familiale.
J'ai vécu dans un appartement avec ma famille dans un immeuble du 20 bld Ourida Meddad à
Alger. Cet immeuble était déjà très vieux et il a subi de grands domages lors du séisme de 2003. Cela a amené les autorités à évacuer toutes les familles, à les mettre dehors sans aucune mesure de relogement décente à l'exception de quelques classes d'une école qui ont été mises à leur disposition.
Cette situation inhumaine dure depuis 4 ans. Ma famille s'est déchirée et dispersée. Mon frère aîné vit seul comme un clochard dans une salle de classe, sa femme s'est réfugiée chez ses parents avec ses enfants. Le couple est à présent disloqué, ils n'ont plus rien, ils ont tout perdu, leurs biens matériels et leur vie de famille est complètement détruite.
Ma mère, âgée et malade, ma soeur divorcée âgée de 50 ans et le plus jeune de mes frères (45 ans, souffrant de déséquilibre psychologique) sont hébergés par mon frère cadet à Blida. Ils n'ont plus d'adresse, plus de repère et rien qui leur appartienne en dehors de leur souffrance.
Je vis en France avec mes 3 enfants mais notre terre et nos racines sont en Algérie, à Alger, dans la maison de mes parents là où nous avons tous vécu. A présent, je n'ai plus où aller et mes enfants non plus. Nous avons été spoliés de notre pied-à-terre, la maison de nos parents et rien n'a été fait pour tenter de réunir à nouveau cette famille dispersée. Est-ce juste ? Que font les pouvoirs publics ?
Se rendent-ils compte de la gravité d'une telle souffrance que l'on inflige à une famille qui n'a pas de piston ni de passe-droit ?
Je vous prie de m'aider à porter haut et fort ce cri de détresse que j'adresse aux hommes du pouvoir qui ferment les yeux devant la détresse de ceux qui n'ont aucun moyen de se faire entendre.
Merci de les entendre et de faire porter leur voix. Qui sait ? J'ose encore croire que dans mon pays, il existe encore des valeurs humaines et une justice pour les plus démunis.
Avec tous mes remerciements.