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Détresse des 465 acquéreurs escroqués.
SOURCE: La Tribune   
15-08-2007

Algérie: 8 mois après la démolition de la tour «El Bordj» de Ouled Fayet, détresse des 465 acquéreurs escroqués.

 

 

Amel Bouakba

Indignés, scandalisés, perdus, il n'y a pas de mot assez fort pour qualifier la détresse des 465 acquéreurs de la promotion immobilière «El Bordj», de Ouled Fayet dont le rêve d'avoir enfin un toit a été brisé du jour au lendemain.

Livrées à elles-mêmes depuis plusieurs mois, près de 500 familles montent au créneau pour dénoncer le laxisme des autorités et les lenteurs de la justice. Depuis la démolition des 465 logements de la tour El Bordj, le 2 novembre 2006, pour «faute de permis de construire», les acquéreurs victimes se retrouvent pénalisés par une décision qu'ils qualifient d'«arbitraire». «Mohamed Belkadi, le promoteur immobilier des 465 logements qui a promis de nous livrer des logements finis, a, à la place, anéanti à jamais notre espoir», dénoncent les contestataires. «Alors que nous nous attendions impatiemment à fouler le sol de nos appartements, nous nous sommes retrouvés face aux décombres de la tour !

Toute une tour de 465 logements écrasés sous les bulldozers en l'espace de quelques heures à peine», s'indignent nos interlocuteurs hors d'eux. «Ce promoteur immobilier est un deuxième Khalifa puisqu'il a été l'auteur d'une escroquerie et d'une arnaque et a empoché 50 milliards de centimes et malgré cela il continue à construire un peu partout dans l'impunité totale et à monter des projets, sans qu'on lui demande des comptes pour ce qu'il a commis à notre égard. Bien au contraire, ne disposant d'aucun bien propre, il continue à escroquer les gens, et à travailler avec l'argent des acquéreurs.

Ainsi, dans cette affaire, le seul responsable ayant construit pendant trois ans sans permis jouit de tous les droits alors que les victimes, celles qui lui ont confié toutes leurs économies, n'ayant pas hésité à s'endetter dans le but d'avoir enfin un toit, se retrouvent sanctionnées et n'ont même pas été remboursées. C'est absurde et illogique. Où est donc la justice ?» s'interrogent encore les acquéreurs.

Ces derniers ne s'expliquent pas la décision des autorités qui ont attendu plus de trois ans pour réduire à néant 465 logements finis à 60%, pour «faute de permis de construire». «Les autorités ont découvert subitement après une léthargie de trois ans que le promoteur du projet ne disposait même pas de permis de construire. C'est inconcevable !» déplorent-ils. Refusant de rester les bras croisés, les victimes ont entrepris de nombreuses démarches auprès des pouvoirs publics mais en vain : «Nous avons adressé des lettres ouvertes aux autorités concernées, mais aucune réaction n'a été constatée.» Une indifférence totale. Une indifférence qui tue ! Parmi les protestataires, on apprendra la mort d'un père de famille, qui n'a pas pu survivre à cette escroquerie, emporté par une crise cardiaque. Un autre a fait un infarctus et s'en est miraculeusement sorti. A qui le tour ? Les protestataires ne voient pas le bout du tunnel. Ils espèrent tout simplement que justice sera faite.

Il y a lieu de noter que les 465 familles ont déposé une plainte au mois de décembre 2006 contre Mohamed Belkadi pour escroquerie et abus de confiance mais jusqu'à aujourd'hui il n'a pas encore été convoqué par le juge d'instruction.




Dernière mise à jour : ( 30-10-2007 )
 
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FLASH SPECIAL EXPRESS
Le promoteur immobilier condamné à 5 ans de prison

Le promoteur Belkadi a été condamné à cinq ans de prison ferme. Il est astreint, en outre, par décision de justice à rembourser aux plaignants l’intégralité des sommes qu’ils ont avancées dans le cadre de la vente sur plan et à leur verser individuellement 200 000 dinars de dommages et intérêts. Un mandat d’arrêt a été ordonné à l’encontre du principal accusé qui n’a pas assisté à l’audience pour entendre le verdict.

Il était poursuivi pour escroquerie et abus de confiance. Finalement, il a été innocenté du deuxième chef d’inculpation. Pour rappel, 464 familles ont souscrit à la promotion immobilière El-Bordj qui leur proposait des logements à Ouled-Fayet aux prix subventionnés par l’État. Il s’est avéré, au bout de quelques mois, alors que les immeubles prenaient forme que de nombreuses anomalies et entorses à la réglementation émaillaient l’entreprise, dont absence de permis de  construire, litige sur le terrain et implantation des tours dans une zone non urbanisable.
Le 2 novembre 2006, après l’aboutissement d’une procédure en justice enclenchée par les services de l’urbanisme et de l’APC, les logements finis à 60% ont été détruits à coups de bulldozers, dans une ambiance électrique induite par la colère des familles ayant investi dans le projet. Les quelque 200 souscripteurs, qui ont déposé une plainte contre le promoteur immobilier pour escroquerie et abus de confiance, ont accueilli, hier, le verdict du tribunal de Bir-Mourad-Raïs avec soulagement et espoir de récupérer effectivement l’argent qu’ils ont mis dans l’acquisition d’un logement. C’est-à-dire, entre 700 000 et 1 million de dinars.

Souhila Hammadi

Journal: LIBERTE 

 
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